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«Les naufragés» d’Emmanuel Meirieu. Un regard désespéré sur la misère. Au cours des Nuits de Fourvière. Impressionnant.

«C'est difficile...»

Décor grandiose, d’abord. Un grand voilier échoué sur le sable, toutes voiles dehors. Une immensité bercée par le refrain puissant des vagues. Un rayon lumineux au milieu du brouillard. Et un homme au loin qui saute du pont pour marcher sur la plage. Quelques secondes face à la mer, silence. Avant de s’approcher du public. Et de se planter devant un micro. «C’est difficile…»
Grand chauve, barbe et calvitie, regard noir derrière de grosses lunettes. Un psy, tête à la Jean Reno. Pantalon sombre, chemise jaune. Sale et débraillé. Une voix grave. Il va parler pendant plus d’une heure, seul dans ce désert. Pour raconter l’histoire de Raymond, clochard échoué dans un asile pour les désespérés de la rue. «Peut être aussi pour sauver mon âme».
Une image géante va l’escorter tout au long de ce monologue. Pour faire vivre ce fantôme qui le hante. «Avec un oeil malicieux et un gros pif».
Texte superbe aussi. Des mots, lourds, pesants, pour explorer la misère. Pire que la misère. Le regard du monde, indifférent, forcement coupable. Et il raconte tout. L’arrivée de Raymond dans un car de flics qui ramassent les paumés de la vie, tous à poil, la douche, les surveillants, réfectoire et dortoir. «Urine, vomi, diarrhée».
Glauque évidemment. Emmanuel Meirieu force le trait, souligne, gros plan, matraquage sons et lumière. «C’est difficile».

«Les naufragés», mise en scène Emmanuel Meirieu avec François Cotterelle. Production théâtre de la Comédie Odéon avec la compagnie Bloc Opératoire. En partenariat avec les Nuits de Fourvière. A la Halle Debourg, Lyon 7e, jusqu’au 23 juin. Durée : 1 heure.

 

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