0
Lyon/Rhône-Alpes-Auvergne
06 89 86 76 06
a la une
Découvrir
Acheter
revue mytoc
La revue
de mytoc.fr
Lire notre revue

Ouverture spectaculaire vendredi soir des Nuits de Fourvière sur un «Folia» très attendu de Mourad Merzouki. Après ses «Boxe Boxe» et «Pixel», une incertitude. Mais il s’est imposé avec un opéra populaire ovationné par le public.

Un superbe hopéra

Un brouillard, quelques sphères au sol, une lumière qui monte et des danseurs qui surgissent au son d’une guitare. Des corps qui rampent, se redressent, tout à coup pétrifiés. La terre en transe. Dans cet amphithéâtre des Nuits de Fourvière, le public est surpris. Attentif, mais inquiet presque. On attend Mourad au tournant. Impatience. Quelques minutes incertaines. Des pantins en chemises et pantalons clairs.
Puis tout bascule. En fond de scène, un orchestre apparait, en redingotes rouge et or, dans un champ de ruines, colonnes romaines et lustres suspendus. Une chanteuse en robe longue. Violons et vocalises. Simple opérette ? Non, une énergie qui s’impose. Du baroque frotté à l’électro. Un rythme. Des corps en mouvement. Saccadés, pivotés, terrassés… Solo, duo, trio. Des hommes, des femmes qui s’affrontent. Des jupes, des barbes et des muscles. Une magie qui se faufile. Tarentelle rappeuse. Danse de rue, tout en convulsion. Et des pointes, glissées, sautillées, toute en légèreté. Tout en maîtrise aussi. L’Italie séculaire au coeur du bronx. Rebelles apprivoisés ?
Deux violonistes face à un danseur. Une séquence saisissante. Valse hip-hop, choc de deux univers.
Des images grotesques, parfois. Marionnette géante, tapis soucoupe, coques musicales. Et toujours cette cantatrice écarlate face à une petite bande qui menace avant de s’aligner en choeur. Ombres et fantômes dans une symphonie de couleurs. Et surprise, un derviche tourneur en toge blanche sous une nuée d’étoiles. Une ronde sans fin.
Incroyable cirque où tout se confronte et se mélange. Musiciens, danseurs. Orient, Occident. Passé et présent, la rue et les dorures. Le rêve habillé de fantasque.
Plus qu’une simple énergie. Une puissance. Du sens. «Folia» du monde qui s’impose dans sa complexité. Mourad Merzouki a franchi un cap. Une ampleur. Et toujours ce petit rayon malin. Le public est saisi. Ovations dans la nuit. Un superbe Hopéra !

«Folia» de Mourad Merzouki avec dix sept danseurs hip hop et classiques. Et huit musiciens du Concert de l’Hotel Dieu dirigé par Franck-Emmanuel Comte. 1h15.

 

Vos commentaires