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Une heure, à peine plus, pour faire revivre un vénérable conte de fées. Avec un Opéra assez déjanté au Théâtre de la Croix-Rousse, qui popularise ce genre plutôt réservé aux initiés.

Une «Belle au bois dormant» ressuscitée par des enfants

«Nous connaissons tous l’histoire. Du moins, nous le croyons…»
Quelques mots avant le levée de rideau. Avertissement. Un épouvantail surgit, cachant dans son dos la princesse. Décor fantastique. Une décharge où trainent des détritus, de misérables baraques en étage et des enfants en haillons avec, à la main, de petits lumignons qui brillent dans l’obscurité… Au loin les ruines du château. 
Tout de suite, on plonge dans cette féérie très décalée. La «Belle» feuillette sagement un livre qui semble la captiver. Un gamin en trottinette traverse la scène alors que des rapaces en papier la survolent. Des voix pures et innocentes s’élèvent. Contraste saisissant. 
Le roi proclame : «Je vous invite tous à une grande fête pour la naissance d’une magnifique princesse». En demandant aux fées de son royaume d’en être les marraines. Et la légende se déroule, grave et légère. Une méchante Carabosse qui n’a pas été invitée jette un sort à la petite Aurore, qu’elle condamne à s’endormir pour l'éternité le jour de ses 15 ans, piquée par un fuseau… 
Une chorégraphie de marionnettes. Jeu de lumières. Des mots magiques aussi comme ce «printemps coquin couronné de papillons». Et la chanson des roses…
On est sous le charme, envouté par cet italien si musical, «la bella addormentata nel bosco». Soutenu par une vingtaine de violons et cuivres, dirigés d’une main de maitre par Philippe Forget. Précis, subtil. Toujours très juste au coeur de cette féérie. 
Une belle mise en scène qui a su associer personnages, musiciens et choeur dans un espace presqu’intime. Utilisant habilement la salle, un escalier ou une porte, pour donner de la perspective. Et toujours de belles surprises pour rythmer cette vieille légende : une fée drapée dans une immense robe UNICEF, un magnifique bouffon blanc perché sur un lit à baldaquin, une toile d’araignée jaune et noire… Et tout coup, Disneyland ! 
Joli final, tout en émotion et drôlerie, où le prince Philippe, délaissant son teeshirt et ses oreilles de souris pour se glisser dans une  tunique bleue, retrouve la princesse Aurore allongée dans une baignoire. Un baiser loufoque et un «je t’aime » burlesque accompagné par le choeur des enfants, invisible et magnifique. Alors que bondissent le roi Mickey et Désirée, sa reine. Bravissimo, bravo ! Le public est conquis. 

«La Belle au Bois Dormant» d’Ottotino Respighi mis en scène de Babrora Horàkovà avec les musiciens, les solistes et la maitrise de l’Opéra de Lyon dirigé par Philippe Forget. Durée : 1h15. En italien avec sur-titrages. Au Théâtre de la Croix-Rousse jusqu’au 14 février.

 

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